Montréal, mars 2007

10 mars 2007

Fin de journée...

Ce matin :


Fin de la journée. Le ciel est complètement plombé, gris, aussi lourd qu'une masse de métal. Je me suis installée à côté de la fenêtre. Pour le moment, je suis seule dans le petit dortoir vert, c'est tranquille. Je peux écrire, copier mes textes ici, sans être dérangée. Seulement quelques bruits de voix provenant du couloir, des rires = voix de femmes et voix d'hommes, tour à tour ou bien qui se mélangent, se répondent. Je suis sortie ce matin dans Montréal pour une seconde visite de la ville, sans but, jusqu'à 16:00 environ. Pour le moment, je préfère l'errance.
Maintenant, il fait complètement nuit. Le ciel est orangé, éclairé par les lumières de la ville, une plaque de ciel gris-orangé, velouté -> de l'étoffe épaisse qui semble couvrir la ville. Des bandes de neige dépassent des toits plats. D'ici, je surplombe un second immeuble moins élevé et une chappe de neige, qui s'étend de part et d'autre, entre deux pans d'immeubles plus hauts. Des rangées de fenêtres -> rectangles lumineux, barres de lumières au néon en travers. Plus au dessus, d'autres rangs de fenêtres, éteintes cette fois-ci.

Montréal : impressions

C'est dur quand même, de ne pouvoir fumer nulle part une petite clope devant un bon café bien chaud et bien fort, ou après un verre de vin!!! Ça, ça me manque déjà! Toutes mes cigarettes sont fumées dans le froid, à la hâte, une main gantée --pas celle qui tient la cigarette, sinon ça l'écrase trop. Quel froid quand même! -13°C ou -14°C c'est pas rien! Pour rouler une cigarette par cette température, c'est comme avoir enfilé des gants de boxe : plus de doigts, plus de mains seulement des gros trucs qu'on arrive à peine à bouger...
Montréal, building
Je trouve Montréal très austère et très belle, comme les villes que j'ai pu voir en Ecosse par exemple (Edimbourg), très anglo-saxonne, très Nord Américaine ??? Normal, sans doute, pour une ville d'Amérique du Nord; mais les rues semblent vides, les stations de métro sont désertes vers six ou sept heures du soir, les grattes-ciel se dressent dans la nuit avec leur façades illuminées de centaines, de milliers de petites lumières qui brillent. Il y a de la neige sur les trottoirs; on croise parfois un ou une passante. C'est étrange, on ne se croirai pas dans une ville si importante, si ce n'est par les impressionnants édifices. Il ne semble pas y avoir ce fourmillement incessant qu'on perçoit toujours à Paris, l'empressement, le "speed" continuel, le tourbillon des corps. Du moins, je n'étais sans doute pas là où il fallait pour percevoir cela??? Mais même l'aéroport semblait presque vide!!!

Neige neige neige!!!

Neige...

Ces quelques derniers jours, plein de neige dans les rues. On dit souvent que les français ont du mal à supporter les longs hivers canadiens, mais les canadiens, les québéquois également. Seulement, les habitants d'ici ne peuvent aller nulle par sans recourir à l'exil. C'est autre chose! Il est certe plus facile de rentrer chez soi que de s'exiler et puis pour aller où, pour quoi faire, pour y vivre comment???


RapidFire - Upgrade!Mtl

RapidFire 15 mars 2007 - StudioXX
http://www.studioxx.org/newsletter/annonce_rapidfire.html
Je suis très impressionnée par le nombres d'évènements qui ont lieu ici. On a le sentiment que chacune, chacun y va de son event. C'est plus que le "quart d'heure" de célébrité prémonisé par Andy Wharol. C'est la possibilité d'être Andy Wharol un quart d'heure et de mettre le focus sur...!!! Avec tout ce que ça implique.
Il y a tellement de choses qui se passent que très peu de gens se déplacent à chaque fois. C'est une sorte de saupoudrage de rencontres et de partages. Why not!!! Ce que je perçois, en tant qu'étrangère, c'est ce plein démocratique, cette bouffée de démocratie où finalement choses, évènements semblent quand même perdre un peu de leur sens. C'est en quelque sorte l'impression d'un tissu déployé; c'est la toile mais en version réelle, et plus seulement par l'intermédiaire d'un outil tel l'écran le clavier, l'utilisation de langages etc. Ici, tout est toujours possible, LE MONDE EST UN VASTE TERRAIN DE JEUX; et c'est exact qu'ici tout semble possible et donc, le devient. On peut faire ce qu'on veut dans la vie, c'est ce qu'il semblerai être le leitmotiv de l'Amérique du Nord, de l'américain du nord. C'est sans doute cela, ce mode de penser et d'action qui rend effectivement toute chose possible; le virtuel devient réel. Le virtuel est concrètement vivant; il existe, il est là, on peut le toucher avec les doigts. Est-ce la raison pour laquelle les technologies numériques, les arts médiatiques (terme spécifique ici, pour définir les arts utilisants aussi bien la vidéo analogique, la télévision, que les nouvelles technologies ou technologies numériques) se sont développés avec une telle aisance, une telle facilité ou est-ce l'influence de ces technologies qui ont permis ce processus, cette manière d'être de s'amplifier de se concrétiser véritablement??? Qui, de la poule ou de l'oeuf??? en somme!!!

Je crois également que la violence de l'amérique du nord, n'est pas lié directement aux images violentes, violence liée, certainement, à ces images mais de manière indirecte. C'est également ce possible, tous ces possibles, qui rend la violence possible. Cette phrase : LE MONDE EST UN VASTE TERRAIN DE JEUX est, me semble-t-il, bien plus violente que certaines images données comme foncièrement violentes. Je crois que cette phrase serait choquante en Europe, si ce n'est en Europe, tout au moins en France...
RapidFire était une superbe rencontre. J'ai adoré participer à cet évènement organisé par Kyd Campbell - Upgrade!Mtl. Je n'ai hélas, pas pu comprendre tous les tenants et aboutissants des travaux présentés. Je ne parle et ne comprends hélas pas assez bien l'anglais.
RapidFire 15 mars 2007 - StudioXXRapidFire 15 mars 2007 - StudioXX
Présentation d'Angela Dorrer

RapidFire 15 mars 2007 - StudioXX
Darsha Hewitt - Organisatrice du Congrès PureData 2007


Présentation de Laef Anderson (extrait).

ShareMTL

Hier, je suis allée à l'espace Fractal pour la rencontre ShareMTL. Rencontre de partage de travaux d'arts interactifs / arts numériques.
http://www.videographe.qc.ca/share/
J'ai regretté de ne pas avoir emporté mon laptop, ça aurait été l'occasion pour moi de "partager" justement, ce que j'avais fait avec d'autres, une opportunité peu fréquente, sous cette forme.
Il n'y avait pas beaucoup de monde, quatre ou cinq personnes; musiques, sons et mélanges d'images abstraites. J'ai beaucoup aimé ces environnements sonores et visuels abstraits.

ShareMTL

ShareMTL

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J'ai pris le métro jusqu'à la station "Jean-Talon" (de "Square Victoria" jusqu'à "Jean-Talon"-> Ligne directe).
Je regarde, fascinée, les publicités lumineuses qui défilent sur l'écran long et peu large au dessus des sièges voyageurs. Couleurs, images synthétisées/stylisées, graphismes adaptés à l'écran; points colorés qui forment : mots - images et défilent de droite à gauche.
À mon côté, un homme bourré de tics étranges, regards subits à droite en haut, en bas puis à gauche et "retour", mouvements de tête : saccadés; il est assis avec un sac sur les genoux.
Je fixe l'écran. Je note parfois quelques phrases. Couleurs dominantes : orange, verte, du jaune également, je crois. Phrases publicitaires = sur la politique également-> élections prochaines… Les candidats ne se préparent pas à un débat télévisé important! 193 femmes… Ça glisse. Les mots glissent, se remplacent les uns les autres. Flux publicitaires au rythme du nom des stations. Tout glisse. Les voyageurs montent et descendent.

Je me retrouve ensuite dans un quartier un peu excentré; petites demeures en briques, toitures plates, perrons alignés, des escaliers; identiques comme les maisons des quartiers ouvriers. Les rues sont sombres. Il fait presque nuit quand je sors du métro. Les enseignes lumineuses colorent légèrement les murs de briques, les vitrines des magasins, le trottoir de dalles de béton; des plaques de neige ou de glace, des flaques d'eau sale; des bourelets de neige, fluorescents dans la nuit bleuté. Les restaurants asiatiques sont nombreux à proximité de ce quartier mamed 'La petite Italie'. J'avance dans le froid, le vent souffle, je marche le long des vitrines des magasins fermés pour la plupart, des restaurants. Un supermarché : "METRO" lettres rouges dans la nuit froide. Des avions civils traversent le ciel. L'aéroport ne semble pas loin. Les avions de ligne volent très bas. Les signaux lumineux déchirent la pénombre du ciel. Bruits sourds des moteurs; craquements gras; le ciel dur et glacé craque des phares et du métal de la carlingue qu'on perçoit en sombre; ciel ouvert par le déplacement des feux signalétiques (BOEING? AIRBUS?).
Je décide de manger quelquechose avant d'aller à la soirée. Je m'arrête dans une sorte de "cantine" : LE DONKA? J'ai du mal à me souvenir du nom. Spécialités : soupes pékinoises, petite moyenne ou grande. Je commande une soupe aux nouilles jaunes et au ragout de boeuf (small) mais copieuse pour 6$! Ça me réchauffe! Le restautant est situé en contrebas d'un immeuble, presque en sous-sol. Les lettres rouges et vertes de l'enseigne luisent au travers d'une fenêtre longue et étroite. À droite de cette fenêtre, on aperçoit l'une des deux salles.
Je trouve ensuite le lieu de la soirée assez facilement finalement, grande bâtisse cubique de briques ocre rouge. je pousse la porte et descends quelques marches couvertes d'un revêtement noir (sorte de toile goudronnée). Je me retrouve dans une vaste salle. Quelques personnes. Un bar en entrant, je parle un peu avec la jeune femme qui sert au bar. Je commande une bière, je fume une cigarette, enfin, au chaud! pour la première fois depuis mon arrivée!