Ce matin :
Fin de la journée. Le ciel est complètement plombé, gris, aussi
lourd qu'une masse de métal. Je me suis installée à côté de la
fenêtre. Pour le moment, je suis seule dans le petit dortoir vert,
c'est tranquille. Je peux écrire, copier mes textes ici, sans être
dérangée. Seulement quelques bruits de voix provenant du couloir,
des rires = voix de femmes et voix d'hommes, tour à tour ou bien
qui se mélangent, se répondent. Je suis sortie ce matin dans
Montréal pour une seconde visite de la ville, sans but, jusqu'à
16:00 environ. Pour le moment, je préfère l'errance.
Maintenant, il fait complètement nuit. Le ciel est orangé, éclairé
par les lumières de la ville, une plaque de ciel gris-orangé,
velouté -> de l'étoffe épaisse qui semble couvrir la ville. Des
bandes de neige dépassent des toits plats. D'ici, je surplombe un
second immeuble moins élevé et une chappe de neige, qui s'étend de
part et d'autre, entre deux pans d'immeubles plus hauts. Des
rangées de fenêtres -> rectangles lumineux, barres de lumières
au néon en travers. Plus au dessus, d'autres rangs de fenêtres,
éteintes cette fois-ci.
C'est dur quand même, de ne pouvoir fumer nulle part une petite
clope devant un bon café bien chaud et bien
fort, ou après un verre de vin!!! Ça, ça me manque
déjà! Toutes mes cigarettes sont fumées dans le froid, à la hâte,
une main gantée --pas celle qui tient la cigarette, sinon ça
l'écrase trop. Quel froid quand même! -13°C ou -14°C c'est pas
rien! Pour rouler une cigarette par cette température, c'est comme
avoir enfilé des gants de boxe : plus de doigts, plus de mains
seulement des gros trucs qu'on arrive à peine à bouger...

Je trouve Montréal très austère et très belle, comme les villes que
j'ai pu voir en Ecosse par exemple (Edimbourg), très anglo-saxonne,
très Nord Américaine ??? Normal, sans doute, pour une
ville d'Amérique du Nord; mais les rues semblent vides, les
stations de métro sont désertes vers six ou sept heures du soir,
les grattes-ciel se dressent dans la nuit avec leur façades
illuminées de centaines, de milliers de petites lumières qui
brillent. Il y a de la neige sur les trottoirs; on croise parfois
un ou une passante. C'est étrange, on ne se croirai pas dans une
ville si importante, si ce n'est par les impressionnants édifices.
Il ne semble pas y avoir ce fourmillement incessant qu'on perçoit
toujours à Paris, l'empressement, le "speed" continuel, le
tourbillon des corps. Du moins, je n'étais sans doute pas là où il
fallait pour percevoir cela??? Mais même l'aéroport semblait
presque vide!!!

Ces quelques derniers jours, plein de neige dans les rues. On dit souvent que les français ont du mal à supporter les longs hivers canadiens, mais les canadiens, les québéquois également. Seulement, les habitants d'ici ne peuvent aller nulle par sans recourir à l'exil. C'est autre chose! Il est certe plus facile de rentrer chez soi que de s'exiler et puis pour aller où, pour quoi faire, pour y vivre comment???

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Je suis très impressionnée par le nombres d'évènements qui ont lieu
ici. On a le sentiment que chacune, chacun y va de son
event. C'est plus que le "quart d'heure" de célébrité
prémonisé par Andy Wharol. C'est la possibilité d'être Andy Wharol
un quart d'heure et de mettre le focus sur...!!! Avec tout ce que
ça implique.
Il y a tellement de choses qui se passent que très peu de gens se
déplacent à chaque fois. C'est une sorte de saupoudrage de
rencontres et de partages. Why not!!! Ce que je perçois, en tant
qu'étrangère, c'est ce plein démocratique, cette bouffée
de démocratie où finalement choses, évènements semblent
quand même perdre un peu de leur sens. C'est en quelque sorte
l'impression d'un tissu déployé; c'est la toile mais en version
réelle, et plus seulement par l'intermédiaire d'un outil
tel l'écran le clavier, l'utilisation de langages etc. Ici, tout
est toujours possible, LE MONDE EST UN VASTE TERRAIN DE
JEUX; et c'est exact qu'ici tout semble possible et donc, le
devient. On peut faire ce qu'on veut dans la vie, c'est ce
qu'il semblerai être le leitmotiv de l'Amérique du Nord, de
l'américain du nord. C'est sans doute cela, ce mode de
penser et d'action qui rend effectivement toute chose possible; le
virtuel devient réel. Le virtuel est concrètement vivant;
il existe, il est là, on peut le toucher avec les doigts. Est-ce la
raison pour laquelle les technologies numériques, les arts
médiatiques (terme spécifique ici, pour définir les arts
utilisants aussi bien la vidéo analogique, la télévision, que les
nouvelles technologies ou technologies numériques) se sont
développés avec une telle aisance, une telle facilité ou est-ce
l'influence de ces technologies qui ont permis ce processus, cette
manière d'être de s'amplifier de se concrétiser véritablement???
Qui, de la poule ou de l'oeuf??? en somme!!!
Je crois également que la violence de l'amérique du nord, n'est
pas lié directement aux images violentes, violence liée,
certainement, à ces images mais de manière indirecte. C'est
également ce possible, tous ces possibles, qui rend la violence
possible. Cette phrase : LE MONDE EST UN VASTE TERRAIN DE
JEUX est, me semble-t-il, bien plus violente que certaines
images données comme foncièrement violentes. Je crois que cette
phrase serait choquante en Europe, si ce n'est en Europe, tout au
moins en France...
RapidFire était une superbe rencontre. J'ai adoré participer à cet
évènement organisé par Kyd Campbell - Upgrade!Mtl. Je n'ai hélas,
pas pu comprendre tous les tenants et aboutissants des travaux
présentés. Je ne parle et ne comprends hélas pas assez bien
l'anglais.


Présentation d'Angela Dorrer

Darsha Hewitt - Organisatrice du Congrès PureData 2007
Présentation de Laef Anderson (extrait).
Hier, je suis allée à l'espace Fractal pour la rencontre
ShareMTL. Rencontre de partage de travaux d'arts interactifs / arts
numériques.
http://www.videographe.qc.ca/share/
J'ai regretté de ne pas avoir emporté mon laptop, ça aurait été
l'occasion pour moi de "partager" justement, ce que j'avais fait
avec d'autres, une opportunité peu fréquente, sous cette
forme.
Il n'y avait pas beaucoup de monde, quatre ou cinq personnes;
musiques, sons et mélanges d'images abstraites. J'ai beaucoup aimé
ces environnements sonores et visuels abstraits.



J'ai pris le métro jusqu'à la station "Jean-Talon" (de "Square
Victoria" jusqu'à "Jean-Talon"-> Ligne directe).
Je regarde, fascinée, les publicités lumineuses qui défilent sur
l'écran long et peu large au dessus des sièges voyageurs. Couleurs,
images synthétisées/stylisées, graphismes adaptés à l'écran; points
colorés qui forment : mots - images et défilent de droite à
gauche.
À mon côté, un homme bourré de tics étranges, regards subits à
droite en haut, en bas puis à gauche et "retour", mouvements de
tête : saccadés; il est assis avec un sac sur les genoux.
Je fixe l'écran. Je note parfois quelques phrases. Couleurs
dominantes : orange, verte, du jaune également, je crois. Phrases
publicitaires = sur la politique également-> élections
prochaines… Les candidats ne se préparent pas à un débat
télévisé important! 193 femmes… Ça glisse. Les mots glissent,
se remplacent les uns les autres. Flux publicitaires au rythme du
nom des stations. Tout glisse. Les voyageurs montent et
descendent.
Je me retrouve ensuite dans un quartier un peu excentré; petites
demeures en briques, toitures plates, perrons alignés, des
escaliers; identiques comme les maisons des quartiers ouvriers. Les
rues sont sombres. Il fait presque nuit quand je sors du métro. Les
enseignes lumineuses colorent légèrement les murs de briques, les
vitrines des magasins, le trottoir de dalles de béton; des plaques
de neige ou de glace, des flaques d'eau sale; des bourelets de
neige, fluorescents dans la nuit bleuté. Les restaurants asiatiques
sont nombreux à proximité de ce quartier mamed 'La petite Italie'.
J'avance dans le froid, le vent souffle, je marche le long des
vitrines des magasins fermés pour la plupart, des restaurants. Un
supermarché : "METRO" lettres rouges dans la nuit froide. Des
avions civils traversent le ciel. L'aéroport ne semble pas loin.
Les avions de ligne volent très bas. Les signaux lumineux déchirent
la pénombre du ciel. Bruits sourds des moteurs; craquements gras;
le ciel dur et glacé craque des phares et du métal de la carlingue
qu'on perçoit en sombre; ciel ouvert par le déplacement des feux
signalétiques (BOEING? AIRBUS?).
Je décide de manger quelquechose avant d'aller à la soirée. Je
m'arrête dans une sorte de "cantine" : LE DONKA? J'ai du mal à me
souvenir du nom. Spécialités : soupes pékinoises, petite moyenne ou
grande. Je commande une soupe aux nouilles jaunes et au ragout de
boeuf (small) mais copieuse pour 6$! Ça me réchauffe! Le restautant
est situé en contrebas d'un immeuble, presque en sous-sol. Les
lettres rouges et vertes de l'enseigne luisent au travers d'une
fenêtre longue et étroite. À droite de cette fenêtre, on aperçoit
l'une des deux salles.
Je trouve ensuite le lieu de la soirée assez facilement finalement,
grande bâtisse cubique de briques ocre rouge. je pousse la porte et
descends quelques marches couvertes d'un revêtement noir (sorte de
toile goudronnée). Je me retrouve dans une vaste salle. Quelques
personnes. Un bar en entrant, je parle un peu avec la jeune femme
qui sert au bar. Je commande une bière, je fume une cigarette,
enfin, au chaud! pour la première fois depuis mon arrivée!