Août 2010 Archives
dimanche 15 août 2010, 16:10:59 (UTC+0200)
Vecteurs
Vecteurs
Commencement et puis fin. Entre : c'est sur la rive quelconque (un chenal de sang, de lymphe) du système nerveux qu'auront lieu toutes les interférences, tous les cycles de vérifications, les attaques. Mon souffle finira par déni de service. Et puis après = aussi la branche amorphe (celle qu'on appelle branche morte), corps inerte. Sang, lymphe, sueur; un transfert de données de l'intérieur vers l'extérieur vers : le vent, les feuillages-bruissements-frémissements, l'eau des feuilles les machines des feuilles les embranchements des feuilles la dissonance des feuilles et la sève qui coule.
Je suis pulsations et rythme-coeur-brindilles et leur lointain, leur barrière de potentiel. Une forme tilleul s'ouvre à chaque session avec le souffle du vent, le cris des chiens au loin. Des informations nouvelles s'écrivent. Recouvrement d'un moment avec de nouveaux signaux digitaux. Mais ça écrit entre, là seulement où il n'y a rien d'écrit. Là où les couches d'informations n'ont pas marqué, là où les bits de données n'ont rien déplacées. Si bien que quelque chose transparaît malgré le recouvrement ou la nouvelle session, la nouvelle instance. Si bien qu'on voit au travers, qu'on entend au travers. À l'intérieur, le corps est un champ de résonance et d'écriture et toutes ses parties sont surchargées et se terminent à chaque souffle par des bits supplémentaires; chaque surface miroir est circulaire, crissements du bras qui écrit, l'extérieur me remplace à chaque moment par un véhicule agricole et de la poussière, un bruit de veilles tôles, un caddie de supermarché, ce paysage de la sous-urbanité (hypermarché, hagards, parking, pilonnes et câbles, ciel bleu/blanc et des nuages) un seul moment présent et le surgissement d'autre chose encore (une station service au bord d'une autoroute, le tunnel circulaire d'un parking sous-terrain). Le sang est une conversation ou plutôt un moyen de transmission, un chenal qui me calcule vrai tant que chenal et circulation.
Je ne crois pas que les histoires racontent quelque chose, elles sont plutôt des codes, des moyeux, un certain type de codage du réel qui permet d'engendrer un certain type de boucles de narrations récursives ou non; il est donc plus intéressant de mettre en place ces codes et ces moyeux, que les histoires elles-mêmes, mieux vaut ne pas raconter d'histoire, mais laisser les histoires se raconter elles-mêmes, à partir des moyeux, des graphes, des structures arborescentes, ne pas forcer. Faire en sorte que l'insurrection arrive, se mette en place pour que la narration finisse aux mains, dans la paume de la main. La paume de la main est le lieu de l'insurrection, de la captation des données et des ondes. Réceptacle et échange, lieu de recyclage.
Pas d'identité, pas de genre. Un identifiant, un mot de passe. On est dans le jeu.
C'est dans l'embranchement des fibres nerveuses de l'oeil gauche que s'écriront les premières lignes de codes, les premiers mots de 8 bits. Ensuite seulement, viendra l'oeil et la paupière; les cils (mèneront) aux voies d'accès d'un périphérique (la nuit, couloir d'accès, courbure de béton, barres au néon luminescentes, des immeubles et des motifs en couleurs qui sont des noms de marques publicitaires : IBM, FUJI FILM...) Toutes ces images sont envoyées par paquets à partir de la fibre nerveuse.
Oui, les trames...
* 00:0F:66:24:E9:D0, 00:0F:66:24:E9:D2, 192.168.20.1, WRT54G v1.1 , iperf(tcp:5001) * 00:1A:70:FD:4B:03, 00:1A:70:FD:4B:05, 192.168.20.2, WRT54GL v1.1 * 00:16:B6:01:5F:DF, 00:16:B6:01:5F:E1, 192.168.20.3, WRT54GL v1.1 * 00:16:B6:01:5F:E5, 00:16:B6:01:5F:E7, 192.168.20.4, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:66:87, 00:16:B6:01:66:89, 192.168.20.5, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:E2:B5:3F, 00:14:BF:E2:B5:41, 192.168.20.6, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:12:17:DF:A7:28, 00:12:17:DF:A7:2A, 192.168.20.7, WRT54GS v1.1, iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:A5:B9:4C, 00:14:BF:A5:B9:4E, 192.168.20.8, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:16:B6:01:5F:DC, 00:16:B6:01:5F:DE, 192.168.20.9, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:57:CF, 00:16:B6:01:57:D1, 192.168.20.10, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:5F:E8, 00:16:B6:01:5F:EA, 192.168.20.11, WRT54GS v4, iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:D2:65:9E, 00:14:BF:D2:65:A0, 192.168.20.12, WRT54GL * 00:14:BF:D2:65:86, 00:14:BF:D2:65:88, 192.168.20.13, WRT54GL, iperf(tcp:5001) * 00:11:D8:58:9E:92, , 192.168.20.14, ASUSWLHDD * 00:11:D8:43:6B:5D, , 192.168.20.15, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:9C:84, , 192.168.20.16, ASUSWLHDD * 00:16:B6:D9:25:B7, 00:16:B6:D9:25:B9, 192.168.20.17, WRT54GL * 00:11:D8:58:9D:94, , 192.168.20.18, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:A0:A0, , 192.168.20.19, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:9D:7B, , 192.168.20.20, ASUSWLHDD * 00:16:B6:40:DE:3E, 00:16:B6:40:DE:40, 192.168.20.21, WRT54GL * 00:13:D4:D2:09:24, , 192.168.20.22, ASUSWLHDD * 00:18:84:00:70:13, , 192.168.20.23, FONERA * 00:18:84:22:A2:DC, , 192.168.20.24, FONERA * 00:18:84:27:19:5C, , 192.168.20.25, FONERA * 00:18:84:21:6B:8C, , 192.168.20.26, FONERA, iperf(tcp:5001) * 00:18:84:1C:EB:28, , 192.168.20.27, FONERA, iperf(tcp:5001) * XX:XX:XX:XX:XX:XX, , 192.168.20.166, LAPTOP
J'entends les chiens qui hurlent au loin, dans la nuit, sous l'horizon (là où sont les images en latence), quelqu'un marcher sur les feuilles, le moteur d'un deux roues, phare dans la nuit (on ne le voit pas). Cercle miroir, disque dur -> inscription. Je cherche ma respiration; amorphe, sombre, l'opacité est calculée par un moteur 3D. Alors je me perds en trois dimensions. Trois encore, dans les n dimensions du temps et de l'espace et je traverse. Je traverse hop. Never show it again. Traversée d'un espace mort, opaque, calculé en encerclement de points (r,g,b) avec une seule valeur pour chaque variable telle que, par exemple (12,12,12). Sombre, nuit, on entend les chiens aboyer au loin, au niveau des pixels de l'horizon des images, latence, arrêt, vrombissement d'un moteur Snecma M88-2. Pixels transparents, j'entends les bruits des pas, les feuilles tombées crissent... branches d'arbres cassées, moteurs = véhicules sur une route lointaine. Tous les joueurs sont dans l'attente.
vendredi 6 août 2010, 07:56:16 (UTC+0200)
ECHO
ECHO
Un écho se perd au fin fond d'un réseau; aile inerte d'un graphe mort. Un embranchement ou plutôt un moyeu (hub) vide. Son nom est transmis en temps réel; l'image : celle d'une chambre vide, volets fermés avec des bruits d'autoroutes, de circulations et d'océan. Une autre pièce, je fuis en temps différé = retard(1), accélération ensuite, subite; ailleurs un orage éclate sans retentissement, l'émetteur est au format image + espace, lancé vers le ciel = satellite artificiel => juste pour l'artifice. On sait que c'est loin d'ici, que c'est un lieu inaccessible, un lieu calculé au hasard, stochastique / chaotique. Mais une forme en émerge malgré tout(2), celle d'un paysage urbain, de grands immeubles blancs, des tours d'habitations aux fenêtres transparentes, et un fleuve. C'est sur la rive droite du fleuve que l'on apercevra l'horizon, l'image, les retards dans la transmission et le point de liaison du noeud. Editing new entry.
Fenêtre ouverte. Écoute de la pluie sur le bitume, nuages sombres et la lumière ralentie, un coup de klaxon s'étiole vers le minuscule. La durée est exiguë et sonore et pourtant invente en permanence de nouvelles formes d'existences et de nouvelles formes d'espace.
Je(3) crie l'espace. Mais l'espace reste silencieux, ne renvoie rien des perturbations moléculaires égrainées par mon cri. Je crie parce que je suis dans le minuscule, dans l'espace exiguë et resserré, je crie parce que la durée me laisse au fin fond dans la chambre dédoublée entre ciel et l'image de ciel. Le moteur d'un deux roue démarre(4), je suis charriée par le tonnerre et le reflux des données transmises. Partie perdue, musique et indomptable esprit, une fin d'après-midi sans avoir commencée. La fenêtre est rectangulaire et la claire lumière du jour la traverse. Un jour qui se presse en une forme nouvelle, l'extension d'un fichier exécutable.
Un ventilateur dans un appartement n'est vrai que parce que j'ai cliqué sur un lien ou sur l'icône "Recharger la page". Le ventilateur s'essouffle. La nuit se creuse imperceptiblement. Bruissements des moteurs; je cherche à actualiser quelque chose de perdu, une page qui n'existe plus ERROR 404. Ce que je voulais, c'est une profusion d'images en même temps parce que simplement je voulais calculer toutes les images possibles dans le champ couleur 255 0 0.
Importer un brouillon comme nouvelle entrée. Création des entrées. Ajouter une nouvelle entrée.
Break(5).
(1) "Notre conscience n'est d'ailleurs jamais l'écho de notre propre réalité, d'une existence en «temps réel», mais l'écho en temps différé, l'écran de dispersion du sujet et de son identité [...]" Jean Baudrillard, La pensée radicale p.5, Ed. sens&tonka 2001
(2) Des cages de verre, cubes transparent ou coquilles. C'est quelque chose d'inattendu; les cubes de verre, des fenêtres qu'on aperçoit par transparence, les murs, barreaux blancs.
(3) [je] : [je] devient instance, masse, identité multipliée par espaces, identités calculées par les noeuds, moyeux, bifurcations, connexions. [je] divisible à l'infini, dividuel. Alors, parole, significations, bruits des lèvres dans un silence inventé de toutes pièces.
(4) Enregistrements supplémentaires : eau (rivière, flux et reflux des vagues sur les rochers, ressac etc.), moteurs (véhicules, machines outils, trains etc.), voix (paroles, enregistrements dans les cafés/bar/restaurants ou autres lieux)...
(5) "L'exigence de la pensée est double et contradictoire. Elle n'est pas d'analyser le monde pour en extraire une vérité improbable. Elle n'est pas de s'adapter dialectiquement aux faits, et d'en abstraire quelque construction logique. Elle est plus subtile que cela, plus perverse. Elle est de mettre en place une forme, une matrice d'illusion et de désillusion, un attracteur étrange, que la réalité séduite vienne spontanément alimenter, et qui donc se vérifie d'elle-même, implacablement (il faut seulement de temps en temps faire bouger un peu l'objectif). Car la réalité ne demande qu'à se soumettre aux hypothèses, elle les vérifie toutes, c'est là d'ailleurs sa ruse et sa vengeance. L'idéal théorique serait de mettre en place des propositions telles qu'elles puissent être, qu'elles se doivent d'être démenties par la réalité, telles que la réalité n'ait d'autre issue, en désespoir de cause, que de s'y opposer violemment, et par là de se démasquer. Car la réalité est une illusion et toute pensée doit chercher d'abord à la démasquer. Pour cela, elle-même doit s'avancer masquée et se constituer comme leurre, sans égard à sa propre vérité. Elle doit mettre son orgueil à ne pas être un instrument d'analyse, un instrument critique, car c'est le monde qui doit s'analyser lui-même. C'est le monde lui-même qui doit se révéler non comme vérité, mais comme illusion." Jean Baudrillard, La pensée radicale p.14-15, Ed. sens&tonka, 2001