jeudi 17 juin 2010, 15:08:11 (UTC+0200)

YI SANG À PARIS

YI SANG À PARIS

Sans titre - No title from pascsaq on Vimeo.

Lors du festival "Yi Sang à Paris", j'ai été invité à donner une vision personnelle du travail poétique de Yi Sang (Corée). J'ai choisi de faire une performance avec des matériaux sources délibérément minimaux qui, d'une part, me semblaient correspondre au thème retenu par les organisateurs du festival et d'autre part, à certaines interrogations du poète : la ligne, le cercle, la lumière.
Voir http://www.yisang.fr/

Des documents papier sont placés à même le sol, sous une webcam que je manipule à la main. La luminosité capturée par le capteur de la caméra module les fréquences de douze oscillateurs. Les fréquences des douze oscillateurs ont été déterminées en fonction des coordonnées polaires du cercle :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coordonnées_polaires
Les ouvertures lumineuses qu'on distingue au début de cet extrait vidéo de la performance sont faites en écartant plus ou moins l'un de l'autre, mon index et mon majeur qui obstruent l'objectif de la caméra.
De cette manière, j'ai pu jouer avec un son créé dans le moment même de la performance et en fonction des paramètres lumineux du lieu.
Aucun son préenregistré, aucun sample sonore, aucune image vidéo ou fixe n'étaient présents sur mon ordinateur. Il s'agit essentiellement de modulations faites en direct par la manipulation des éléments en présence (papier imprimé, lumière, caméra).
http://www.pascsaq.org/
Ce travail a été réaliser avec l'environnement de programmation puredata/Gem

Le langage est une force et une vibration. C'est aussi la vibration de la lumière sur la feuille de papier où l'écran. L'acte même d'écrire est une traduction, poétique, mathématique, scientifique... C'est la traduction d'un monde en cours, insaisissable, impermanent. C'est chercher à fixer ce qui ne peut l'être (*).

«Si la lumière est humaine, l'humain est un miroir» Yi Sang, Mémoire de la ligne 7
C'est à partir de cette phrase (**), que j'approcherai les textes de Yi Sang, par le moyen du signe graphique imprimé sur la page. À l'aide d'une caméra numérique, tenue à la main comme un stylo, je transforme les signes en sons. C'est par la distance numérique entre l'obscurité et la lumière que les caractères prendront un sens sonore, produiront un son inexact, dé-régulé.

Le contrôle, le langage comme normalisation est la question récurrente que je pose au texte, à l'écriture.
La grammaire impose ses contraintes et ses règles à la pensée, ou même, plus simplement, à ce qui est seulement du domaine du pensable.





Trois couches images sont superposées les unes sur les autres par transparence. Trois temporalités proches se chevauchent, provoquant visuellement une dé-matérialisation du temps et de l'espace. Deux boucles de 60 images sont continuellement ré-injectées sur le flux présent de la capture par caméra et remplacées au fur et à mesure, par les images suivantes. Dans cette performance visuelle et sonore, il ne sera pas question de répéter quoi que ce soit d'existant, mais plutôt, de tenter de faire glisser l'impermanent et l'insaisissable sur le présent d'une situation physique.

Yi Sang 이상 à Paris «Est-ce que la ligne a assassiné le cercle?»

Manifestation organisée autour de l'oeuvre poétique de Yi Sang à La Générale Nord-Est.
Du 23 juin au 4 juillet 2010
installations, performances, lectures, concerts.
http://www.yisang.fr/
http://rendezvouscontemporains.com/
À lire également, un article d'Emmanuel Ferrand dans IMAGES DES MATHÉMATIQUES

Extrait d'une séance de travail : http://www.youtube.com/watch?v=K_XJ_8eVZcU

(*) D'après une conférence de René Agostini, donnée le 29 avril 2010 à la Chartreuse. En espérant ne pas avoir trop écorché ses propos.
(**) Phrase qui contient à la fois l'image et son reflet...

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