PWD



(*)
Je cherche à ne plus rien dire et ne plus rien penser. Être entre câble et fibre optique, une position interstitielle, une figure archétypale entre les pixels d'un écran. Rien à faire, suivre de loin le ronronnement d'un moteur; remonter vers l'accélération et l'accès. C'est simplement s'insérer dans le fluide, le flux, la circulation, devenir un vecteur pour la vitesse (juste ça : le temps réel = le temps le plus parfaitement abstrait) à la surface horizontale et "voilà le nouveau désir". La lumière des pixels, la lumière des enseignes en haut des immeubles et tout autour, la lumière et le miroitement de l'eau -c'est là en bas, fluide. Garder mon propre surplus d'informations, mon propre trop plein de présence, mon débordement de flux et de connexions détachés; mails et spam. Séparation. Trash - ici, je clique, je continue vers la zone qui change de couleur en même que j'y arrive. Je continue. Et c'est vers la zone courte que j'arrive enfin. La zone courte et morte, je veux dire par là, la zone qui n'est déjà plus mais seulement ce qui me fait passer à une zone sensible; ce qui est juste une déchirure et une fragilité dans un code et va me permettre de me déplacer vers. C'est quelque chose d'absolument abstrait, c'est une bifurcation sans horizon. Je deviens le vecteur de l'enfoncement et du creux. C'est moi ce vide et ce passage, cette durée si brève et cette pression si peu nouvelle. Je suis seulement cela, une trouée dans la bifurcation, une impulsion électrique partie d'un enchevêtrement d'influx nerveux ressassant inlassablement le même signal, répondant aux mêmes désoeuvrements et confusions et pourtant gardant le crypté en tête; rien de plus et j'accède. Je ne fais qu'accéder. Mot de passe en mots de passe. Je continue vers. Glissement imperceptible avec un bruit de ventilateur dans la nuit. Un bout de code empêche pourtant le dépassement; vers une abstraction de plus en plus grande de l'avant et de l'après. C'est simplement un tube, un écoulement sans résistance puis résistance et enfin je transperce.
(*)
http://www.0c0m0y0k.de/