Deux ou trois choses me tournent dans la tête, ces derniers jours (semaines). Ce film, je crois que c'est "Island song", de Charlemagne Palestine. Il accroche une caméra vidéo sur lui, prend une moto. Il hurle en faisant le tour de l'île; les vibrations du moteur, les saccades de la route coupent et couvrent sa voix et son souffle.
On peut voir ce film ici :
J'avais envie d'écrire une note sur ce film, pour comprendre pourquoi, je le garde en tête.
Qui n'a jamais fait cette expérience, de crier à tue-tête par la fenêtre ouverte d'une voiture, d'un train ou sur son vélo, lancé à toute vitesse. En fait, c'est faire l'expérience de son corps et de sa voix (et c'est le corps) dans une situation complètement impossible pour lui, une vitesse de machine ou de machinerie (pour le cas du vélo). Être accroché à la vitesse d'une machine et sentir le souffle de l'air rentrer dans sa bouche ouverte...
En somme, c'est quoi, le cri, allié au son d'un moteur...
J'écoute "An Aural Symbiotic Mystery" performé avec Tony Conrad. Quelque chose de cette voix, de ce cri s'intercale dans cette longue improvisation entre la chair, le métal de l'instrument. Chair de la voix, du cri (les cordes vocales) alliée au métal, au moteur, aux secousses, à la route, à l'air (souffle). Une symbiose, un alliage...
Tout à l'heure, je suis descendue à pieds vers Saint-Lazare. Je croise un homme attablé à la terrasse d'un café. Il parle très sérieusement à un fil électronique. Une femme, souriante s'exclame devant une plaque de cuivre trouée : "Je monte! J'ai la clé!". Un homme encore, presse contre son oreille un appareil d'électronique sophistiqué... Je perçois un morceau de sa conversation avec celui-ci. Mais il est ailleurs, avec une autre voix, face à un autre appareil...
Pourquoi j'ai intitulé ce post "Pierrot Lunaire"? Parce qu'à la fois un autre morceau me tourne dans la tête.
Celui de "Pierrot Lunaire" d'Arnorld Schönberg; un passage tout particulièrement, d'une interprétation que je possède sur cassette audio (hélas! sans l'avoir référencée). Un moment très particulier de cette interprétation où la voix féminine de la "récitante" passe du chanté au parlé. Cassure? À peine! Passage du mystère, du féerique de la vocalité au concret, à la voix mono-tonique, monocorde du parlé. Je garde en tête le mystère de ce passage, comme s'il se jouait concrètement dans mon corps, à différents niveaux de sensibilité (cf. Proust; sa comparaison de la sensibilité aux différentes touches d'un piano).
Ce que je peux dire pour le moment, car ici, ce ne sont que quelques notes en prévision d'un travail plus approfondi, plus documenté. Le chant s'adresse à un niveau de conscience ou de sensibilité différent de la parole; le souffle à un autre encore. À chaque niveau de conscience est mise en jeu une forme d'abstraction différente. Le niveau de conscience sollicité par le chant est peut-être plus abstrait, personnel, intime; celui appelé par la parole, plus concret. Le plus généralement, il s'adresse à la raison, au langage et à toute l'expérience que l'on en a, physiquement, corporellement et intellectuellement. Le passage de l'un à l'autre, dans ce morceau crée une ligne de tension entre les deux. On perçoit alors la parole, le parlé avec les sens d'un langage plus abstrait, sensible, intime... À suivre!!!
Améliorations :
Notes en marge :
Merci à Luc Dall'Armellina pour son post et son soutient...
Avantages et problèmes rencontrés avec les systèmes GNU/Linux (Debian 5.0, Lenny) tirés de mon expérience personnelle :
Excellente facilité à traiter le texte en général (caractères accentués, outils d'écritures).
Beaucoup de difficultés au niveau multimédia (son parfait dans le cadre d'une utilisation professionnelle, plus difficile lors des activités ludiques quotidiennes; images vidéo : codec mpeg2 ok... Par contre, je rencontre de gros problèmes au niveau de la gestion du matériel (caméra + puredata Aïe!!!).
Une solution serait peut-être l'utilisation de puredyne, mais si je comprends bien ce que je lis, la version du noyau me semble bien ancienne!!! ??? (leek&patato) ?