dimanche 15 août 2010, 16:10:59 (UTC+0200)
Vecteurs
Vecteurs
Commencement et puis fin. Entre : c'est sur la rive quelconque (un chenal de sang, de lymphe) du système nerveux qu'auront lieu toutes les interférences, tous les cycles de vérifications, les attaques. Mon souffle finira par déni de service. Et puis après = aussi la branche amorphe (celle qu'on appelle branche morte), corps inerte. Sang, lymphe, sueur; un transfert de données de l'intérieur vers l'extérieur vers : le vent, les feuillages-bruissements-frémissements, l'eau des feuilles les machines des feuilles les embranchements des feuilles la dissonance des feuilles et la sève qui coule.
Je suis pulsations et rythme-coeur-brindilles et leur lointain, leur barrière de potentiel. Une forme tilleul s'ouvre à chaque session avec le souffle du vent, le cris des chiens au loin. Des informations nouvelles s'écrivent. Recouvrement d'un moment avec de nouveaux signaux digitaux. Mais ça écrit entre, là seulement où il n'y a rien d'écrit. Là où les couches d'informations n'ont pas marqué, là où les bits de données n'ont rien déplacées. Si bien que quelque chose transparaît malgré le recouvrement ou la nouvelle session, la nouvelle instance. Si bien qu'on voit au travers, qu'on entend au travers. À l'intérieur, le corps est un champ de résonance et d'écriture et toutes ses parties sont surchargées et se terminent à chaque souffle par des bits supplémentaires; chaque surface miroir est circulaire, crissements du bras qui écrit, l'extérieur me remplace à chaque moment par un véhicule agricole et de la poussière, un bruit de veilles tôles, un caddie de supermarché, ce paysage de la sous-urbanité (hypermarché, hagards, parking, pilonnes et câbles, ciel bleu/blanc et des nuages) un seul moment présent et le surgissement d'autre chose encore (une station service au bord d'une autoroute, le tunnel circulaire d'un parking sous-terrain). Le sang est une conversation ou plutôt un moyen de transmission, un chenal qui me calcule vrai tant que chenal et circulation.
Je ne crois pas que les histoires racontent quelque chose, elles sont plutôt des codes, des moyeux, un certain type de codage du réel qui permet d'engendrer un certain type de boucles de narrations récursives ou non; il est donc plus intéressant de mettre en place ces codes et ces moyeux, que les histoires elles-mêmes, mieux vaut ne pas raconter d'histoire, mais laisser les histoires se raconter elles-mêmes, à partir des moyeux, des graphes, des structures arborescentes, ne pas forcer. Faire en sorte que l'insurrection arrive, se mette en place pour que la narration finisse aux mains, dans la paume de la main. La paume de la main est le lieu de l'insurrection, de la captation des données et des ondes. Réceptacle et échange, lieu de recyclage.
Pas d'identité, pas de genre. Un identifiant, un mot de passe. On est dans le jeu.
C'est dans l'embranchement des fibres nerveuses de l'oeil gauche que s'écriront les premières lignes de codes, les premiers mots de 8 bits. Ensuite seulement, viendra l'oeil et la paupière; les cils (mèneront) aux voies d'accès d'un périphérique (la nuit, couloir d'accès, courbure de béton, barres au néon luminescentes, des immeubles et des motifs en couleurs qui sont des noms de marques publicitaires : IBM, FUJI FILM...) Toutes ces images sont envoyées par paquets à partir de la fibre nerveuse.
Oui, les trames...
* 00:0F:66:24:E9:D0, 00:0F:66:24:E9:D2, 192.168.20.1, WRT54G v1.1 , iperf(tcp:5001) * 00:1A:70:FD:4B:03, 00:1A:70:FD:4B:05, 192.168.20.2, WRT54GL v1.1 * 00:16:B6:01:5F:DF, 00:16:B6:01:5F:E1, 192.168.20.3, WRT54GL v1.1 * 00:16:B6:01:5F:E5, 00:16:B6:01:5F:E7, 192.168.20.4, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:66:87, 00:16:B6:01:66:89, 192.168.20.5, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:E2:B5:3F, 00:14:BF:E2:B5:41, 192.168.20.6, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:12:17:DF:A7:28, 00:12:17:DF:A7:2A, 192.168.20.7, WRT54GS v1.1, iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:A5:B9:4C, 00:14:BF:A5:B9:4E, 192.168.20.8, WRT54GS v4 , iperf(tcp:5001) * 00:16:B6:01:5F:DC, 00:16:B6:01:5F:DE, 192.168.20.9, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:57:CF, 00:16:B6:01:57:D1, 192.168.20.10, WRT54GS v4 * 00:16:B6:01:5F:E8, 00:16:B6:01:5F:EA, 192.168.20.11, WRT54GS v4, iperf(tcp:5001) * 00:14:BF:D2:65:9E, 00:14:BF:D2:65:A0, 192.168.20.12, WRT54GL * 00:14:BF:D2:65:86, 00:14:BF:D2:65:88, 192.168.20.13, WRT54GL, iperf(tcp:5001) * 00:11:D8:58:9E:92, , 192.168.20.14, ASUSWLHDD * 00:11:D8:43:6B:5D, , 192.168.20.15, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:9C:84, , 192.168.20.16, ASUSWLHDD * 00:16:B6:D9:25:B7, 00:16:B6:D9:25:B9, 192.168.20.17, WRT54GL * 00:11:D8:58:9D:94, , 192.168.20.18, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:A0:A0, , 192.168.20.19, ASUSWLHDD * 00:11:D8:58:9D:7B, , 192.168.20.20, ASUSWLHDD * 00:16:B6:40:DE:3E, 00:16:B6:40:DE:40, 192.168.20.21, WRT54GL * 00:13:D4:D2:09:24, , 192.168.20.22, ASUSWLHDD * 00:18:84:00:70:13, , 192.168.20.23, FONERA * 00:18:84:22:A2:DC, , 192.168.20.24, FONERA * 00:18:84:27:19:5C, , 192.168.20.25, FONERA * 00:18:84:21:6B:8C, , 192.168.20.26, FONERA, iperf(tcp:5001) * 00:18:84:1C:EB:28, , 192.168.20.27, FONERA, iperf(tcp:5001) * XX:XX:XX:XX:XX:XX, , 192.168.20.166, LAPTOP
J'entends les chiens qui hurlent au loin, dans la nuit, sous l'horizon (là où sont les images en latence), quelqu'un marcher sur les feuilles, le moteur d'un deux roues, phare dans la nuit (on ne le voit pas). Cercle miroir, disque dur -> inscription. Je cherche ma respiration; amorphe, sombre, l'opacité est calculée par un moteur 3D. Alors je me perds en trois dimensions. Trois encore, dans les n dimensions du temps et de l'espace et je traverse. Je traverse hop. Never show it again. Traversée d'un espace mort, opaque, calculé en encerclement de points (r,g,b) avec une seule valeur pour chaque variable telle que, par exemple (12,12,12). Sombre, nuit, on entend les chiens aboyer au loin, au niveau des pixels de l'horizon des images, latence, arrêt, vrombissement d'un moteur Snecma M88-2. Pixels transparents, j'entends les bruits des pas, les feuilles tombées crissent... branches d'arbres cassées, moteurs = véhicules sur une route lointaine. Tous les joueurs sont dans l'attente.
vendredi 6 août 2010, 07:56:16 (UTC+0200)
ECHO
ECHO
Un écho se perd au fin fond d'un réseau; aile inerte d'un graphe mort. Un embranchement ou plutôt un moyeu (hub) vide. Son nom est transmis en temps réel; l'image : celle d'une chambre vide, volets fermés avec des bruits d'autoroutes, de circulations et d'océan. Une autre pièce, je fuis en temps différé = retard(1), accélération ensuite, subite; ailleurs un orage éclate sans retentissement, l'émetteur est au format image + espace, lancé vers le ciel = satellite artificiel => juste pour l'artifice. On sait que c'est loin d'ici, que c'est un lieu inaccessible, un lieu calculé au hasard, stochastique / chaotique. Mais une forme en émerge malgré tout(2), celle d'un paysage urbain, de grands immeubles blancs, des tours d'habitations aux fenêtres transparentes, et un fleuve. C'est sur la rive droite du fleuve que l'on apercevra l'horizon, l'image, les retards dans la transmission et le point de liaison du noeud. Editing new entry.
Fenêtre ouverte. Écoute de la pluie sur le bitume, nuages sombres et la lumière ralentie, un coup de klaxon s'étiole vers le minuscule. La durée est exiguë et sonore et pourtant invente en permanence de nouvelles formes d'existences et de nouvelles formes d'espace.
Je(3) crie l'espace. Mais l'espace reste silencieux, ne renvoie rien des perturbations moléculaires égrainées par mon cri. Je crie parce que je suis dans le minuscule, dans l'espace exiguë et resserré, je crie parce que la durée me laisse au fin fond dans la chambre dédoublée entre ciel et l'image de ciel. Le moteur d'un deux roue démarre(4), je suis charriée par le tonnerre et le reflux des données transmises. Partie perdue, musique et indomptable esprit, une fin d'après-midi sans avoir commencée. La fenêtre est rectangulaire et la claire lumière du jour la traverse. Un jour qui se presse en une forme nouvelle, l'extension d'un fichier exécutable.
Un ventilateur dans un appartement n'est vrai que parce que j'ai cliqué sur un lien ou sur l'icône "Recharger la page". Le ventilateur s'essouffle. La nuit se creuse imperceptiblement. Bruissements des moteurs; je cherche à actualiser quelque chose de perdu, une page qui n'existe plus ERROR 404. Ce que je voulais, c'est une profusion d'images en même temps parce que simplement je voulais calculer toutes les images possibles dans le champ couleur 255 0 0.
Importer un brouillon comme nouvelle entrée. Création des entrées. Ajouter une nouvelle entrée.
Break(5).
(1) "Notre conscience n'est d'ailleurs jamais l'écho de notre propre réalité, d'une existence en «temps réel», mais l'écho en temps différé, l'écran de dispersion du sujet et de son identité [...]" Jean Baudrillard, La pensée radicale p.5, Ed. sens&tonka 2001
(2) Des cages de verre, cubes transparent ou coquilles. C'est quelque chose d'inattendu; les cubes de verre, des fenêtres qu'on aperçoit par transparence, les murs, barreaux blancs.
(3) [je] : [je] devient instance, masse, identité multipliée par espaces, identités calculées par les noeuds, moyeux, bifurcations, connexions. [je] divisible à l'infini, dividuel. Alors, parole, significations, bruits des lèvres dans un silence inventé de toutes pièces.
(4) Enregistrements supplémentaires : eau (rivière, flux et reflux des vagues sur les rochers, ressac etc.), moteurs (véhicules, machines outils, trains etc.), voix (paroles, enregistrements dans les cafés/bar/restaurants ou autres lieux)...
(5) "L'exigence de la pensée est double et contradictoire. Elle n'est pas d'analyser le monde pour en extraire une vérité improbable. Elle n'est pas de s'adapter dialectiquement aux faits, et d'en abstraire quelque construction logique. Elle est plus subtile que cela, plus perverse. Elle est de mettre en place une forme, une matrice d'illusion et de désillusion, un attracteur étrange, que la réalité séduite vienne spontanément alimenter, et qui donc se vérifie d'elle-même, implacablement (il faut seulement de temps en temps faire bouger un peu l'objectif). Car la réalité ne demande qu'à se soumettre aux hypothèses, elle les vérifie toutes, c'est là d'ailleurs sa ruse et sa vengeance. L'idéal théorique serait de mettre en place des propositions telles qu'elles puissent être, qu'elles se doivent d'être démenties par la réalité, telles que la réalité n'ait d'autre issue, en désespoir de cause, que de s'y opposer violemment, et par là de se démasquer. Car la réalité est une illusion et toute pensée doit chercher d'abord à la démasquer. Pour cela, elle-même doit s'avancer masquée et se constituer comme leurre, sans égard à sa propre vérité. Elle doit mettre son orgueil à ne pas être un instrument d'analyse, un instrument critique, car c'est le monde qui doit s'analyser lui-même. C'est le monde lui-même qui doit se révéler non comme vérité, mais comme illusion." Jean Baudrillard, La pensée radicale p.14-15, Ed. sens&tonka, 2001
jeudi 17 juin 2010, 15:08:11 (UTC+0200)
YI SANG À PARIS
YI SANG À PARIS
Le langage est une force et une vibration. C'est aussi la vibration de la lumière sur la feuille de papier où l'écran. L'acte même d'écrire est une traduction, poétique, mathématique, scientifique... C'est la traduction d'un monde en cours, insaisissable, impermanent. C'est chercher à fixer ce qui ne peut l'être (*).
«Si la lumière est humaine, l'humain est un miroir» Yi Sang, Mémoire de la ligne 7
C'est à partir de cette phrase (**), que j'approcherai les textes de Yi Sang, par le moyen du signe graphique imprimé sur la page. À l'aide d'une caméra numérique, tenue à la main comme un stylo, je transforme les signes en sons. C'est par la distance numérique entre l'obscurité et la lumière que les caractères prendront un sens sonore, produiront un son inexact, dé-régulé.
Le contrôle, le langage comme normalisation est la question récurrente que je pose au texte, à l'écriture.
La grammaire impose ses contraintes et ses règles à la pensée, ou même, plus simplement, à ce qui est seulement du domaine du pensable.


Trois couches images sont superposées les unes sur les autres par transparence. Trois temporalités proches se chevauchent, provoquant visuellement une dé-matérialisation du temps et de l'espace. Deux boucles de 60 images sont continuellement ré-injectées sur le flux présent de la capture par caméra et remplacées au fur et à mesure, par les images suivantes. Dans cette performance visuelle et sonore, il ne sera pas question de répéter quoi que ce soit d'existant, mais plutôt, de tenter de faire glisser l'impermanent et l'insaisissable sur le présent d'une situation physique.
Yi Sang 이상 à Paris «Est-ce que la ligne a assassiné le cercle?»
Manifestation organisée autour de l'oeuvre poétique de Yi Sang à La Générale Nord-Est.
Du 23 juin au 4 juillet 2010
installations, performances, lectures, concerts.
http://www.yisang.fr/
http://rendezvouscontemporains.com/
À lire également, un article d'Emmanuel Ferrand dans IMAGES DES MATHÉMATIQUES
Extrait d'une séance de travail : http://www.youtube.com/watch?v=K_XJ_8eVZcU
(*) D'après une conférence de René Agostini, donnée le 29 avril 2010 à la Chartreuse. En espérant ne pas avoir trop écorché ses propos.(**) Phrase qui contient à la fois l'image et son reflet...
lundi 31 mai 2010, 22:19:16 (UTC+0200)
BABIL @ Vision'R
BABIL @ Vision'R
(**) Nina Power Women and Machine
(***)
Voix, tête de lecture de magnétophone à cassettes, bande magnétique enregistrée huit pistes, disque dur externe & ordinateurs.
Hardware: PC / MacBookPro, disque dur FREEcom + cordon USB
O/S: Debian GNU/Linux on pc and mac (Debian GNU/Linux 5.0.3 "Lenny")
Software: Pure Data/Gem, Jackd/Qjackctl
Éléments de recherches :
Utilisation d'une tête de lecture de magnétophone, moindre utilisation des bandes magnétiques(*). Capture et amplification des sons électromagnétiques résiduels issus de l'ordinateur par lequel ces mêmes sons sont eux-mêmes amplifiés. Utilisation d'un disque dur externe connecté avec un cordon USB quelconque différent de celui utilisé normalement. Ceci provoque la faillure constante de la connexion du disque dur au port USB (boucle de tentative). Cette faillure génère une forme sonore qui se raproche de celle d'une pulsation.
Je suis allée chercher dans les profondeurs électromagnétiques tous ces sons ténus, ces micro-sons directs de l'ordinateur. Je les rapprocherai, conceptuellement parlant, de la recherche du souffle et de la voix de J. Kan. Logiciels libres et voix.
Les sons concrets de la machine, du matériel sont travaillés de telle sorte à entrer en correspondance avec les sons concrets du corps physique et matériel de l'interprète. Commence une recherche du faire et de la fabrication ποιεῖν (poiein). Un «faire» et un «fabriquer» le son (mais aussi le silence) a lieu de manière concrète dans le moment même de la performance, puisqu'il s'agit également d'improvisation.
«Écriture post-machinique» : écriture qui arrive après les technologies numériques et non antérieure à celles-ci; écriture mobile, fluide, instable, plastique, éphémère, insaisissable...
Extrait vidéo de BABIL, Festival Vision'R, le 30 mai 2010 @ Centre Mercoeur, Paris : http://vimeo.com/13589585
Éléments du projet : http://gustin.pascale.free.fr/babil_dev/
Poésie non sémantique, minimalisme, post-minimalisme, cognition, représentation, langage.
Ce projet a bénéficié d'une résidence @
![]()
Notes de travail prises durant la résidence : "Babil" @ Les PIXELS Transversaux
La fabrication du son.
Jacques Attali «Bruits» p. 28
«La notation se fixe, fait circuler des partitions, sépare la musique du corps du musicien.»
Et plus bas dans la page :
«La violence est gérée par le religieux et par le prince --par le prêtre et par la police.»
Women and machines, Jessica Rylan, Nina Power.
Les élements visuels qui apparaissent à l'écran sont générées par les fréquences sonores = chaos, hasard, aléatoire.
(*) J'utilise avec parcimonie la lecture des bandes magnétiques.
(**) in Mattin & Anthony Iles (eds.): Noise & Capitalism (2009)
mardi 25 mai 2010, 01:01:39 (UTC+0200)
Une esthétique du disfonctionnement.
Une esthétique du disfonctionnement.
ANDAND
AND
Une valeur par défaut, c'est ma pensée du moment. Je la manipule jusqu'au prochain argument qui me vient ou celui qui suivra.
Ouvrez une fenêtre de commande et déplacez-vous. Barre oblique. Option. Un utilitaire d'archivage et hop, le tour est joué en .zip .tar .gz Ce qui signifie que l'interface comprend également les méthodes. J'ai déplacé d'un bit vers la droite ma pensée d'un moment. Le moment qui précède, celui qui passe. La durée me répète. Boucle for plus argument. Ou tant que. Tant que j'existe alors, faire.
Point. Gouttes de conscience et hop!
On saute à l'instruction suivante, tant que:
alors;
Mais c'est la nuit. Message d'information inutile.
Boucle for ou tant que nuit alors, faire valeur par défaut 1 et return(0).
Au bord et pourtant. Je marche. Violence des véhicules. La vitesse. Le bruit.
Violence de l'instruction suivante qui me calcule par défaut. Faire tant que et break. Violence des véhicules et des phares dans la nuit. Faire tant que bruit alors. Return(1) si.
La violence me calcule. Le calcul me déplace d'un bit sur la gauche. Retour. Zip, on passe au bit suivant. Interruption. Savoir qu'on travaille toujours en mémoire vive c'est à dire À VIF.
Écrire un mot, seulement un mot en bleu. C'est un lien, ne rien lier, rien délier. Une parenthèse, ne pas arrêter de jouer, déjouer. Zéro s'il correspond à un type de donnée primitif. Mais non, rien ne vient, il faut insister simplement, ne pas attendre que ça passe. Une autre ligne, un autre fragment. Je remarque que le sens vient au fur et à mesure. Comme s'il arrivait du chaos. D'un ressac de données qui transitent, se mettent ensemble et correspondent à tous les tableaux en même temps. On passe à l'instruction suivante. Celle qui nous dit quoi faire au bon moment, quoi dire à l'instant t et se taire à l'instant t', quoi écrire pour n si condition de x etc. Allocation de mémoire. Valeur par défaut et variable type. Référence.
Maintenant c'est le jour. Les véhicules qui me dépassent me font violence, mais je continue à marcher, suivant une variable qui s'actualise en temps réel, une donnée GPS, obtenue par trilatération. Je marche par défaut, d'adresse mémoire en adresse mémoire stream video base de données session crashed recently type Meta-x puis faire recover-session RET
Récupérer ma session, les données fondamentales d'un accès type. Crack! BREAK; Ceci en rouge / fond noir!
Je me perd entre deux immeubles là ou l'accès n'est pas permis. PASSWORD *********
Je me perd. Simplement cela! S'enliser dans les mots les sons discordants dé-sonnants l'aurore un ravage plaisir l'instant des murs suivants sans fenêtres action un grenier cette chaine et cette table un déplacement dépassement? efficace puis plus rien.
Ce texte n'arrive pas...
Et puis tout d'un coup quelque chose se casse, casse. Un dysfonctionnement mais pas ici, entre deux fenêtres, dans la rue errante-traversée, quand je marche ailleurs, en dehors. Que les ouvertures sur, n'ont pas gardé. Ça s'est effacé avant, bien avant que je ne puisse reconnaitre quoi que ce soit; ça s'est effacé bien avant. Bien avant tout ça, bien avant les fenêtres. Never show it again ALORS CLIC.
J'étais ailleurs quand j'ai arrêté de marcher, je n'écoutais plus les bruits des moteurs, je n'entendais que les cris des machines, les ressacs des rivages mobiles, les fluctuations des rouages citant les passages de moi en tant que rivière, eau qui coule et capsule. Parce que ça crisse au fond d'un verre au moment t précis d'une rencontre, alors : t' d'un mot; t'' une parole BLABLA à peine susurée! QUOI? Machine qui presse et recadre. Je dis ça, mais, je n'étais déjà plus là quand les passages de moi en tant que rivière se sont écoulés en durée-machines en durée-bits-de-données en durée-temps-réel en durée-moment-d'impatience-bref. Je n'étais déjà plus là à marcher en tant que rivière et bruit de machine dans la peine ombre incroyablement réelle à ce moment là précis où tout est calculé précis et défini si parfaitement!
Oui, si parfaitement défini, qu'on entend plus rien d'autre que la définition elle-même qui est. Et qui brise. Une simple apparition DISPARITION. Un simple déplacement d'un bit à droite avec un bruit d'eau et de circulation sanguine. Mais il n'en reste rien au déplacement suivant ni même circulation ni même bruit d'eau, rien. Si la machine s'éteint!
Je casse les ouvertures et les silences chaque jour semblables à ce bruit-instrument.
samedi 8 mai 2010, 20:13:21 (UTC+0200)
Interface
Histoire de passer ma colère sur quelque chose !!!




C'est une petite interface toute simple qui me permet de contrôler différents paramètres d'écriture dans pErfuSION...
Voir : PROJET pErfuSION
...Tailles des lettres, luminosité, type d'écriture etc.
J'en ferai une autre un peu plus "solide" par la suite (celle-ci est enfermée dans une boite en carton...)
fichiers :
arduino
puredata
lundi 3 mai 2010, 17:35:06 (UTC+0200)
pErfuSION @ LABOMÉDIA
pErfuSION @ LABOMÉDIA
http://www.pascsaq.org/weblog/archives/2009/11/16/work-in-process_a_k_a_wip_--souffles_ii/index.html
http://www.pascsaq.org/weblog/archives/2010/01/25/pwd/index.html
http://www.pascsaq.org/weblog/archives/2010/02/12/huisclos_no_exit_-_jam/index.html (Réactif), en bas de page.
http://www.pascsaq.org/weblog/outre_final/applet/index.html
«À s'étendre à l'outre côté, à garder le contact, tactile, fragile avec. À garder un doigt de main fiché sur l'icône fluide.
Plus question de revenir en arrière. La fuite est impossible. On est coincé dans le mot de passe crypté. Dans le petit cadenas en bas à droite. On est coincé dans son propre loading path. Garder l'«outre» derrière soi ou en marge. D'abord ne plus crypter ses pas. Pas de distance, il n'y en a plus. On ne fait que renforcer les murs de l'outre-fragment. Celui qu'on n'atteint pas et qui nous dépasse car il est déjà là...
pErfuSION, c'est ce qui se boucle sans fin. C'est se qui se crypte en moi, ce qui me crypte et me crispe.»
Besoins techniques :
- un écran ou surface de projection.
- salle sombre.
- une table basse assez large pour y poser un ordi, le texte, une lampe (+ petit tabouret).
- une lampe (pas trop puissante, type bureau pour éclairer le texte).
- un vidéo projecteur (1024x768, compatible linux) + câble VGA.
- un système son (j'y branche ma carte son, mes sorties de câbles sont en RCA).
PREMIÈRE PRÉSENTATION À Fête01 v2010 + Vision = du 10 au 15 mai // Néo-Luddisme
UN GRAND MERCI À BENJAMIN CADON & LABOMÉDIA
samedi 3 avril 2010, 08:10:35 (UTC+0200)
L'outre-fragment
L'outre-fragment
Des câbles détachés. Un silence de paume de main, de ping et de bing. Ça résonne encore longtemps après. Vrombissement des méta-données. Elles chuintent et tourbillonnent, ici et là, contre le mur gris qu'on ne dépassent pas, celui-ci qu'on ne parvient jamais à [...], celui qui colle car
c'est une main
c'est un écran
c'est une bouche bée
béante
ouverte sur
la surface lisse.
Outre aspérités; et pourtant on s'y accroche. Rien à faire d'autre que de s'accrocher;
le pointeur sur la ligne
s'évader juste un peu avant, que de s'étendre ainsi jusqu'à l'outre, un peu plus loin, au bord du monde. Passer à l'outre, passer à un outre-lieu. Seulement à ce lieu qui n'existe pas, là : outre-fragment; ici, en suivant l'identifiant on y arrive!
On y arrivera.
samedi 27 février 2010, 05:16:32 (UTC+0100)
"Babil" @ PIXELS Transversaux
"Babil" @ Les PIXELS Transversaux
Le plus simplement possible, qu'est-ce qui traine encore, qu'est-ce qui reste...
Écrire le plus sincèrement possible sans oublier également les textes et fragments déposés, perdus, les mails écrits, qui restent sans réponses; ça agace parfois mais c'est une autre manière d'être, une autre manière de penser.
Ce sont des croisements, des frottements ahurissants, qui nous hérissent, hésitants, des grincements.
Je sais bien que le corps n'est pas une machine; mais je pense à lui, à ses articulations et désarticulations comme s'il s'agissait de charnières. Je pense à ses jointures et dé-jointures; ceci, aussi bien au niveau des pliures physiques, que des plis et re-plis intérieurs, des froissements, frottements des membranes les unes contre les autres. Articulation et désarticulation des mots, du langage, de la pensée, des sons verbaux, non-verbaux...
Charnières et pliures des expressions! Absences de discours...
Le mouvement est une participation, c'est participer à l'articulation des différentes choses entre elles --de soi et des autres choses, de soi et de l'espace autour. C'est articuler et désarticuler. Articuler, c'est faire entendre ou faire voir, chercher à travers un déplacement, aussi bien sémantique que spatial, une résonance au creux de soi --et faire que ça résonne plus loin que soi, quelque chose qui frémi et qui chante, quelque chose qui gesticule d'in-(dé)finitif (1)
La résonance est éphémère en tant que phénomène mais durable en tant que trace.
Si j'articule, je sais que que peux désarticuler aussi, dé-assembler et déconstruire et entendre autre chose.
Le corps se désarticule dans un espace oublié, sans aimantation (amant-ation). Seul, loin.
Le langage se trouve aux creux des articulations , dans les charnières du corps, là où ça plie, là où ça s'étend et se détend. Le langage est à l'intérieur des os, là où ça ne parle pas, là où rien n'entend, là où il n'y a ni oreille, ni bouche, ni souffle...
Si je touche quelque chose et si on me touche, je vibre et je pleure parce que suis fragile et je craque, je grince incroyablement. Mais qu'est-ce qui a été touché? Qu'est-ce qu'on touche avec les doigts, qu'est-ce qu'on touche avec des paroles, qu'est-ce qu'on peut toucher avec du sens (qui ne peut être dessiner avec des concepts immédiatement, d'emblée, mais qui demeure, là, tapis comme un animal).
C'est tous les muscles du corps qui résonnent de ce sens là, les fibres des muscles et les nerfs; le langage est là, au fond des ligaments, dans les jointures et dis-jointures du corps, caché.
D'où vient le verbe toucher? Est-il juste de l'employer maintenant quand il s'agit de mots, de phrases, de questions qui font sens quelque part, mais où?
Un sens que je ne peux percer, un sens qui échappe complètement à ma raison. Un escarpement, (escape) échappement ou écart est posé si au fond maintenant.
Quelque chose m'a toucher, mais quoi? Je ne sais plus non plus; où, quel point, quelle part, quel endroit, quel intime tout simplement, a été percé, tranché, retourné, détourné, démantelé?
Que se passe t-il? De quelle faille, de quelle fragilité s'agit-il?


Je pense que je ne vexerai pas Judith Kan, ma partenaire de travail sur ce projet, si je dis, que parfois la texture sonore qu'elle produit me dérange. Car c'est justement parce que cette texture me dérange que je la désire. Peut-être parce qu'elle me contraint. Parce que c'est avec cette matière sonore je peux m'articuler ou me dé-articuler. C'est aussi une manière de travailler avec ce qui nous questionne en profondeur, dans une zone qui n'est plus de l'ordre du langage, de la pensée explicite.
J'ai eu très récemment une longue conversation par mail avec Annie Abrahams au sujet de la contrainte, en rapport avec la performance Huis Clos / No Exit - Jam, et de manière plus générale dans son travail et sur ce thème.
"Ce n'est que avec des règles que je peux être libre."
Je trouve cette phrase magnifique! Et en même temps... Je la crains?
Je ne sais pas...
Et tout ceci n'a-t-il pas un rapport avec la perte d'identité?
Quelques heures et même durant les deux ou trois journées qui ont suivit la finalisation de ce projet, je replaçais sans chercher à le faire, sans le vouloir, presque inconsciemment la plupart des sons que j'entendais dans la continuité des sons que nous avions produit. Mon environnement sonore quotidien entrait dans le prolongement du travail des jours précédents sur "Babil" à Sèvres.
Maintenant, je dois me laver de tout ceci, retirer cette peau qui reste attachée afin de pouvoir retourner à mes autres activités.
vendredi 12 février 2010, 00:02:42 (UTC+0100)
HuisClos No Exit - Jam

HuisClos No Exit - Jam





HuisClos No Exit - Jam (.mp3)
HuisClos No Exit - Jam (final .mov)
(Réactif) - texte préparé pour HuisClos No Exit - Jam et non lu (j'ai préféré laisser toute leur place aux voix de mes partenaires) :
Dessiner le geste qui ne sera pas compris. C'est un langage seulement accessible par impulsions, par axiomes. Oscillations. Pertes des informations relatives à ma position sur les axes X et Y. Point(89, 67); on compte le nombre de pas qui nous sépare du dernier EXIT; ou :q pour sortir.
Sauvegarder s'écrit :w
On passe par le silence d'une machine à la suivante. On diffère une structure en trois dimensions, perception d'un feedback visuel. On passe par le silence puis de crépitement en crépitement.
Des caractères d'écriture se dessinent pixels à pixels -- un goutte à goutte de lumière, de points lumineux qui tombent ou glissent sur des lignes invisibles. C'est l'écriture de la lumière d'un écran, photons, électron ou pixels luminescents. On attend seulement le bon moment. Attendre devant l'écran que quelque chose se passe. La conscience du court circuit imminent, c'est peut-être quelque chose qui va craquer, qui va se fendre, mais on ne pourra pas le voir, on ne pourra qu'à peine en percevoir la boucle récursive; la ligne tracée dans le champ d'un pixel réactif. C'est celui qu'on touche à la pointe, à peine. C'est ce qui nous fait mal. Ce qu'on ne regarde plus, le hasard multiplié par 100 000 données triées, conservées dans un moment du disque dur, sur une clé usb ou un morceau de temps différé. Un compte-goutte à raz-bord, l'espace mémoire réservé qui déborde, le stack overflow. Ça ne marche pas. Ça ne fonctionne pas, ni dans l'humain derrière l'écran, ni dans la fenêtre devant lui. C'est la fragilité du dispositif qui se contracte et je suis aussi ce dispositif. C'est moi le débordement et le flot, le stack, le trop plein, l'absence de sauvegarde et l'upgrade impossible; le fragile et le sensible aussi bien que le processus permanent. C'est moi aussi le fichier effacé : expiring cache data. Faire $NB_BROWSER ou $BROWSER puis quitter.
Je crois qu'il vaut mieux repartir sur autre chose, dans l'autre sens. Ne plus s'occuper des lignes précédentes; c'est pas la peine de chercher à contenir les données. Il vaut peut-être mieux laisser la fuite, la perte pour pouvoir avancer au soleil. Vers la lumière, sur l'angle droit d'un mur blanc cassé, en fin d'après-midi. C'est une image étrange qui se dessine. Une fenêtre qui ne s'ouvre pas, ne se ferme pas; c'est compter le nombre de pixels qui nous sépare.



